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GoVolta : le train low-cost qui veut bousculer Eurostar sur Paris–Amsterdam

  • Photo du rédacteur: Terrence Labar
    Terrence Labar
  • 22 mai
  • 4 min de lecture

GoVolta : bientôt un train low-cost entre Paris et Amsterdam pour moins de 50 €

Depuis des années, relier Paris à Amsterdam en train signifie une seule chose : l'Eurostar. Rapide, confortable, mais souvent onéreux. C'est précisément ce monopole de fait qu'une start-up néerlandaise entend challenger, non pas sur la vitesse, mais sur le prix.

GoVolta, qui est-ce ?

GoVolta est une jeune entreprise ferroviaire fondée par deux Néerlandais, Hessel Winkelman et Maarten Bastian. Lancée entièrement sur fonds propres, la compagnie opère depuis mars 2026 une liaison entre Amsterdam et Berlin, sur laquelle elle revendique déjà 90 000 billets vendus en trois mois d'exploitation. Un démarrage encourageant, qui lui donne aujourd'hui la base pour s'attaquer à un corridor plus ambitieux : Amsterdam–Paris.

Son positionnement est clair : des trains fiables et abordables, sans chercher à rivaliser avec la grande vitesse sur le terrain de la rapidité.

Des billets entre 20 et 50 €, mais un trajet de 6 heures

Le modèle de GoVolta repose sur un compromis explicite : voyager moins vite pour voyager moins cher. La compagnie prévoit un aller-retour quotidien entre Amsterdam Centraal et Paris Nord, avec des tarifs annoncés entre 20 et 50 € par billet — là où l'Eurostar dépasse régulièrement les 100 € hors promotions.

En contrepartie, le trajet durera environ six heures, contre 3h20 en grande vitesse. Un écart significatif, assumé sans ambiguïté, et clairement orienté vers une clientèle étudiante, touristique ou simplement soucieuse de son budget.

À bord, le modèle est celui du "à la carte" : les gros bagages seront facturés en supplément, à l'image de ce que pratiquent les compagnies aériennes low-cost depuis longtemps.Des billets entre 20 et 50 €, mais un trajet de 6 heures

Le modèle de GoVolta repose sur un compromis explicite : voyager moins vite pour voyager moins cher. La compagnie prévoit un aller-retour quotidien entre Amsterdam Centraal et Paris Nord, avec des tarifs annoncés entre 20 et 50 € par billet — là où l'Eurostar dépasse régulièrement les 100 € hors promotions.

En contrepartie, le trajet durera environ six heures, contre 3h20 en grande vitesse. Un écart significatif, assumé sans ambiguïté, et clairement orienté vers une clientèle étudiante, touristique ou simplement soucieuse de son budget.

À bord, le modèle est celui du "à la carte" : les gros bagages seront facturés en supplément, à l'image de ce que pratiquent les compagnies aériennes low-cost depuis longtemps.

Un itinéraire qui contourne Bruxelles

Le tracé retenu par GoVolta est original à plus d'un titre. Faute de capacité disponible sur la section Anvers–Bruxelles, particulièrement chargée, la liaison passera par Gand puis Tourcoing pour rejoindre la France. Le train marquera au total neuf arrêts, dont deux sur le territoire français : Longueau (à proximité d'Amiens) et Arras.

Ces haltes permettront à des voyageurs du nord de la France de bénéficier pour la première fois d'une connexion internationale directe et économique, sans passer par Paris ou Lille.

À noter : GoVolta souhaitait initialement desservir le bassin lillois, mais SNCF Réseau et Infrabel n'ont pas été en mesure de lui attribuer un sillon avec arrêt à Lille ou Tourcoing pour 2026. Une demande a été déposée pour l'horaire 2028.

Du matériel roulant belge, reconverti et bien entretenu

Pour maîtriser ses coûts d'exploitation, GoVolta mise sur du matériel éprouvé plutôt que neuf. La compagnie utilise des voitures I10 ex-SNCB — ces voitures de grande capacité bien connues sur les réseaux belges — acquises via la société de leasing Assetoro. La maintenance est confiée à Brouwer Technology, aux Pays-Bas, dans ses ateliers de Blerick près de Venlo.

La traction est assurée par une locomotive Siemens Vectron, et l'exploitation opérationnelle se fait en partenariat avec Keolis Nederland. Deux classes sont proposées à bord : Economy et Comfort, complétées par une voiture-bar.

Lancement prévu le 14 décembre 2026

La date est officielle : GoVolta vise le 14 décembre 2026, journée du changement de service annuel en Europe, pour lancer sa liaison Amsterdam–Paris. La billetterie devrait ouvrir dans les prochaines semaines.

Pour accompagner ce développement, la start-up a lancé une levée de fonds de 1,5 million d'euros sous forme d'obligations via la plateforme Eyevestor. Les fondateurs ont eux-mêmes injecté 2 millions d'euros de fonds propres dans le projet, auxquels s'ajoutent 2,2 millions investis dans le matériel roulant.

Les ambitions à plus long terme sont déjà affichées : après Paris et Berlin, GoVolta envisage des liaisons vers Copenhague, Bâle et Munich à partir de 2029.

Ce que ça change concrètement

GoVolta ne prétend pas remplacer l'Eurostar. Elle s'adresse à un public différent — celui qui accepte de passer six heures dans un train pour économiser 50, 80, voire 100 € sur son billet. Dans cette niche, la compagnie rejoint d'autres initiatives récentes comme European Sleeper, qui a relancé les trains de nuit entre Paris, Bruxelles, Amsterdam et Prague.

Ce que ces projets ont en commun : montrer qu'il existe une demande ferroviaire internationale que les opérateurs historiques, focalisés sur la grande vitesse et les grandes métropoles, n'ont pas su capter. À suivre de près.


Sources : France Info, mobilithib.com, International Railway Journal


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